Comme nous l’avons découvert dans un précédent article, le concept de cognition a bien évolué ces dernières années. Ce qui a un impact sur notre perception « classique » de l’apprentissage et des objectifs visés par celui-ci.
Nous allons le voir ici concrètement avec le concept de « cognition située » qui bouge (secoue) notre conception du concept de capacités.
Article lié : l’évolution du concept de cognition
Article lié : la cognition incarnée
La cognition située est une théorie en sciences cognitives qui propose que la cognition ne se limite pas à des processus internes au cerveau, mais est fortement influencée par le contexte et l’environnement dans lequel elle se déroule.

Illustration => Imaginez un médecin aux urgences.
Sa cognition ne dépend pas seulement de ses connaissances médicales (stockées et actionnables dans son cerveau), mais aussi :
- Des outils à sa disposition (stéthoscope, moniteur cardiaque).
- De l’équipe soignante (infirmiers, autres médecins).
- Du contexte (urgence vitale, temps et ressources limitées).
- Des protocoles mis en place (checklists, algorithmes de décision).
Sans ces différents éléments, sa capacité à diagnostiquer et à agir serait radicalement différente.
De fait, la « cognition située » bouleverse les présupposés théoriques classiques que nous utilisons en formation.
Et notamment le fait que les capacités soient stables et transverses.
Avec la cognition située, les capacités sont dynamiques (elles varient selon le contexte et l’environnement) et elles sont spécifiques à la situation rencontrée (et aux situations voisines).
Ce qui pourrait avoir (ou a déjà) un effet sur :
- Notre façon de rédiger des objectifs pédagogiques (des capacités à acquérir) et plus largement des objectifs d’apprentissage.
- La mise en œuvre d’une approche par compétences (APC) plutôt qu’une approche par objectifs (APO).