Les objectifs pédagogiques en formation

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L’intelligence situationnelle est centrale. C’est une macro-compétence à travailler

Aujourd’hui nous abordons dans cet article, une forme particulière d’intelligence : l’intelligence situationnelle (IS).

Pour rappel : l’intelligence est un concept large et assez difficile à développer en formation. Nous en avons exploré plusieurs aspects lors d’un précédent article

L’intelligence situationnelle (IS) est une macro-compétence (un ensemble de plusieurs compétences liées autour d’un objectif commun).

C’est un peu le « Graal » de tout opérationnel, chef de projet ou manager qui se respecte.

Il s’agit en effet (sur le terrain) :

  • De comprendre une situation dans sa complexité pour s’y adapter (quels est le contexte, les objectifs et enjeux, les ressources disponibles, la dimension humaine, les opportunités et les menaces).
  • D’imaginer une réponse appropriée.
  • Éventuellement de la mettre en œuvre et d’ajuster la réponse, si nécessaire.

En tant que formateur sur l’IS, on ne cherche pas seulement à transmettre à l’apprenant des connaissances utiles (même s’il en a besoin pour comprendre et progresser), mais on cherche aussi et surtout à l’aider à développer une lecture systémique du terrain (observation, analyse) et à adopter une posture Agile, pour faire face à l’incertitude et aux difficultés qu’il rencontrera.

L’intelligence situationnelle fait converger des compétences cognitives telles que :

  • Attention et diagnostic rapide de la situation.
  • Recherche d’options possibles et choix d’un « bon chemin ».
  • Pensée stratégique (percevoir la scène interne/externe, opportunités, menaces, obstacles).

Mais aussi des compétences émotionnelles et relationnelles :

  • Décodage des postures, du langage non verbal, de la tonalité des échanges.
  • Empathie , écoute active, reformulation.
  • Maîtrise de soi pour ne pas se laisser envahir par les émotions.

Ainsi que des compétences de volition (faire acte de volonté) et d’adaptation :

  • Capacité à décider et à passer à l’action dans la temporalité adaptée (rapidité et éventuellement « effet de surprise » vs « laisser du temps au temps »).
  • Adaptation du discours, des gestes et comportements selon le contexte et l’auditoire.

La formation (limitée dans le temps, par essence) porte souvent sur des compétences ciblées (toutes nécessaires à l’IS, mais insuffisantes seules), telles que :

  • Agir en situation complexe.
  • Etablir une relation efficace avec les équipes.
  • Développer sa réactivité et sa flexibilité.
  • Gérer des situations conflictuelles.
  • Adapter son mode de relation selon les personnalités et les situations.
  • Prévenir les dérives conflictuelles.
  • Ajuster rapidement sa stratégie face à l’imprévu.
  • Maintenir une cohérence entre analyse, émotion et action.

Pour un professionnel de la formation, l’intelligence situationnelle complète les approches taxonomiques (comme Bloom révisée) en y ajoutant une dimension contextuelle et dynamique : ce n’est plus seulement « quel niveau de compétence ? », mais « comment agir ici, maintenant, avec ces personnes et dans ce contexte ? ».

Cela s’articule aussi parfaitement avec la métacognition : elle nécessite de réfléchir en action sur sa propre façon de lire la situation, de réguler ses émotions et d’ajuster ses stratégies. Cf. L’article sur la métacognition

Enfin, cela renvoie à une éthique de l’action : s’affirmer sans empiéter sur les droits des autres, défendre ses positions avec respect, rester empathique même dans la confrontation. Cf l’article intitulé Qu’est-ce qu’un bon professionnel ?

Savoir observer et comprendre une situation est l’un des constituants de l’intelligence situationnelle.

En somme, l’intelligence situationnelle est une macro-compétence qui relie formation (ce qu’on apprend à construire), compétences (ce qu’elle mobilise cognitivement, émotionnellement et du point de vue de la volition et de l’adaptation) et terrain (les contextes complexes où elle est indispensable).