Pour un formateur, le travail d’Antoine de La Garanderie (philosophe et pédagogue français décédé en 2010) est intéressant à étudier dès lors qu’il s’agit de « comprendre comment on apprend ».
L’une de ses idées les plus intéressantes (pour nous formateurs) est celle des « gestes mentaux » qu’un apprenant doit effectuer pour apprendre.
Schéma : cliquez pour agrandir

Les 5 gestes mentaux sont :
- L’attention (nécessaire pour démarrer)
- La mémorisation (indispensable)
- La compréhension (incontournable)
- La réflexion (le geste le plus complexe)
- L’imagination créatice (le sommet, similaire à celui de la taxonomie de Bloom)
Le cadre de pensée de ce travail appréhende la connaissance selon une triple approche : philosophique, pédagogique et psychologique.
Le travail de l’auteur repose sur un paradigme phénoménologique et humaniste, avec une dimension psychopédagogique.
Cf. L’article consacré à l’auteur.
Ce n’est clairement pas le paradigme de la taxonomie de Bloom révisée (sciences de l’éducation, cognitivisme avec une vision constructiviste de l’apprentissage) mais c’est un travail intéressant pour envisager l’apprentissage du point de vue de l’apprenant.
Naturellement, ce schéma des gestes mentaux est critiquable. On peut lui reprocher l’absence de validation scientifique. Il ne s’impose pas en effet comme une théorie scientifiquement établie au sens des sciences cognitives.
On peut aussi alerter le lecteur sur le risque de simplification à l’extrême (vulgarisation) qu’apporte le schéma. Et le risque qui en découle : s’y accrocher pour définir un mécanisme ou une typologie d’apprentissage, par exemple. On rappellera que l’apprentissage est généralement souple, itératif, contextuel et combinatoire.
Il n’en reste que ce travail éclaire le processus d’apprentissage et met l’accent sur les 5 « gestes mentaux » qui sont bien utiles pour comprendre le processus dans sa complexité.
- Pas d’attention = pas ou peu d’apprentissage
- Pas de mémorisation = pas d’apprentissage
- Pas de compréhension = pas d’apprentissage
- L’importance de la créativité