L’objet est ici de nous rappeler que le formateur est présent pour faire réfléchir les apprenants, pour les pousser à des réflexions plus abouties (que la normale) et pour accompagner ce travail de réflexion.
Le passage à l’action est intéressant (pour initier, découvrir, tester ou confirmer) mais il doit être accompagné de cognition. Il ne peut la remplacer.
Quand on évoque par exemple une « pédagogie active » on évoque le fait qu’il y aura un fort engagement cognitif, pas que les apprenants « bougeront » ou feront des kilomètres en salle.
D’ailleurs, quand Benjamin Bloom nous dit « appliquer » il n’entend pas « action ». Mais il entend « réflexion » et « mise en application réfléchie ». L’action de Bloom est toujours cognitive.
C’est une erreur courante de penser que le troisième niveau de la taxonomie (appliquer) correspond à l’action.
Il s’agit en fait d’utiliser ses connaissances (de les appliquer) pour produire une idée correspondant à ce qui est attendu. Le livrable n’est donc pas de type opérationnel (un produit) mais c’est avant tout une construction mentale, intellectuelle, cognitive :
- un processus rédigé qui utilise les règles apprises,
- une carte mentale qui présente le concept sur plusieurs niveaux,
- un schéma qui dépeint une procédure,
- la réponse à un exercice,
- …
Et ce n’est qu’une fois que ce travail cognitif est terminé (sur plusieurs objectifs pédagogiques) que l’on passe à l’opérationnel, et donc au développement de la compétence visée.
Rappel : en APO, l’objectif de formation est atteint via la somme cumulée de plusieurs objectifs pédagogiques.

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