D’un point de vue cognitif, conceptualiser c’est « construire mentalement un concept à partir d’expériences, d’observations et de comparaisons, pour en dégager une représentation plus générale et stable ».
Autrement dit, on passe du concret et du particulier à une forme de compréhension abstraite, mobilisable dans plusieurs situations.
On monte dans la tornade cognitive.
Exemple : je conceptualise le concept d’empathie à travers un travail sur plusieurs exemples.
Ce que cela implique :
- Repérer des points communs entre plusieurs cas pour former un regroupement, une catégorie.
- Donner une étiquette ou un nom au regroupement ainsi construit.
- Relier cette idée, ce nouveau concept, à d’autres concepts déjà connus.
- Produire une représentation mentale qui dépasse la simple perception immédiate.
La différence avec comprendre : « comprendre », c’est généralement saisir le sens d’une situation donnée « ici et maintenant », dans ce contexte particulier.
Conceptualiser va plus loin : c’est stabiliser cette compréhension sous une forme plus abstraite, plus durable et transférable. C’est notamment comprendre l’idée et ce qui la caractérise (son fondement théorique, son domaine d’application).
Exemple d’objectif pédagogique et d’activité à proposer (niveau 3, appliquer) : schématiser collectivement l’idée d’empathie sous la forme d’une carte mentale à 3 ou 4 niveaux.
En pédagogie, conceptualiser signifie aider l’apprenant à passer d’exemples concrets à une idée générale qu’il peut comprendre, nommer et réutiliser. C’est donc le fait de construire un concept mental à partir d’observations, d’analogies et de mise en relation d’informations.
L’intérêt est central en formation des adultes : travailler la conceptualisation permet de ne pas rester au niveau de la compréhension et de la mémorisation d’exemples isolés. Cela favorise la transférabilité, c’est-à-dire la capacité à réutiliser la notion étudiée dans de nouveaux contextes. Exemple : réutiliser le concept d’empathie dans plusieurs contextes professionnels.
