Je ne prétends pas ici faire la liste de toutes les situations difficiles que vous pourriez rencontrer en formation. Mais en voici 4. Elles regroupent 80% des cas que j’ai pu rencontrer ces dernières années.
Il y a certainement d’autres réponses possibles. À vous de creuser le sujet, avec votre propre sensibilité. En tout cas, voici ma contribution.
Situation 1 : comment réagir face à un participant qui monopolise la parole ?
L’idée de base est de rester bienveillant et ferme : vous valorisez sa contribution, puis vous recentrez : « Merci, c’est intéressant ! Quel est le point de vue des autres ? »
Utilisez des relances ciblées vers les silencieux : « Et vous, qu’en pensez-vous ? »
Vous pouvez aussi limiter le temps de parole de chacun, reformulez chaque idée et les noter au tableau. Cela mettra ainsi fin à l’intervention du « trop » par le haut. En privé, pendant la pause, vous allez échanger avec la personne sur l’équilibre nécessaire (des temps de parole) pour la vie du groupe.
Ma solution préférée : rythmer les activités et les séquences par des travaux en sous-groupes. Cela va libérer et fluidifier naturellement la participation de chacun.
Situation 2 : à l’inverse, que faire lorsqu’un apprenant refuse de participer ?
Commencez par comprendre son silence : fatigue, timidité, manque de confiance en soi ou désintérêt réel pour le sujet ? Créez un climat sécurisant, sans jamais humilier ou forcer la personne. Proposez-lui des participations à faible risque : des questions fermées, un travail en binôme ou en petits groupes, une écriture individuelle avant partage. Valorisez ses contributions. En pause, échangez en privé pour identifier le blocage.
Ma solution préférée : rester patient et positif. La confiance se construit progressivement, jamais sous la contrainte. Rappelez à cette personne qu’elle vit (et vous aussi) un moment privilégié : elle est dans un lieu de bienveillance et d’échanges.
Situation 3 : comment gérer un groupe démotivé, silencieux ou même hostile ?
Diagnostiquez d’abord les causes : le contexte, la fatigue ou une mauvaise expérience passée ?
Ne prenez pas l’hostilité comme une hostilité à votre encontre. Nommez la situation avec tact : « Je sens le groupe réservé, qu’en dites-vous ? »
Donnez du sens en reliant la formation au quotidien et aux besoins réels.
Cassez la dynamique passive ou négative avec des activités courtes, en binômes ou en sous-groupes, du questionnement, des témoignages et des échanges informels. Valorisez chaque participation. Faites leur formuler des questions intéressantes.
Ma solution préférée : négocier des objectifs communs (acquérir telle compétence, aborder telle thématique, …). Le groupe va s’approprier la formation et l’hostilité va s’apaiser d’elle-même.
Situation 4 : comment intervenir face à un début de conflit entre participants ?
Essayez d’intervenir tôt, avant l’escalade, mais laissez d’abord chacun s’exprimer brièvement : les conflits naissent souvent du sentiment de ne pas être entendu.
Restez neutre, ne prenez parti pour personne. Rappelez le droit à chacun d’avoir des croyances, une opinion et le principe de bienveillance qui s’applique à tous.
Reformulez les positions pour montrer les points de convergence et recentrez sur l’objectif d’apprentissage commun : « Nous sommes ici pour progresser ensemble. »
Si la tension persiste, suspendez la discussion (mise au frigo) et avancez sur le programme. Parlez ensuite séparément avec chacun pendant la pause. En cas de conflit profond, un entretien privé plus long va certainement s’imposer.
Ma solution préférée : convertir l’agressivité en dynamique. S’appuyer sur l’expérience et l’énergie du moment des apprenants (en jouant ou en leur demandant une présentation, des questions, des schémas, une reformulation …) pour dynamiser la formation et se retrouver à avancer.
