Cet article fait suite à un précédent article portant sur l’analyse réflexive.
Voici une trame simple pour structurer un entretien d’analyse réflexive.
Elle convient (par exemple) parfaitement bien à un tuteur qui souhaite proposer cette technique à son tutoré.
- Quelle situation souhaites-tu analyser aujourd’hui ? Naturellement, la situation peut-être choisie en amont, d’un commun accord.
- Peux-tu décrire factuellement la situation que tu as rencontrée : contexte, objectifs, actions, résultats.
- Qu’as-tu pensé et ressenti pendant et après ? Qu’est-ce qui t’a satisfait / qu’est-ce qui t’a mis en difficulté ?
- Si tu devais analyser cette situation avec une grille ou des critères (que voici, on fournit la grille et les critères), qu’est-ce qui ressort ?
- Quels liens fais-tu avec ton niveau de connaissances, avec tes croyances, avec ta posture ?
- Quelles pistes ou axes d’amélioration envisages-tu ?
- Concrètement, que vas-tu tester la prochaine fois ? Avec quel soutien éventuel de ma part ?
- Quand revenons-nous pour faire le point sur cette expérimentation ?

Le tuteur et le tutoré ont chacun un rôle spécifique.
Le tutoré va :
- décrire sa pratique ;
- exprimer ses ressentis et ses questions ;
- mener l’analyse en premier, avec l’appui du tuteur ;
- proposer et s’engager dans des actions d’amélioration.
Le tuteur va (doit) de son côté :
- créer un climat de confiance et de sécurité psychologique ;
- poser des questions ouvertes, reformuler, aider le tutoré à prendre du recul ;
- apporter des repères théoriques et méthodologiques ;
- accompagner la mise en œuvre et la régulation du plan d’action.
Les pièges à éviter
Rester superficiel : il est important d’éviter des analyses trop générales. Privilégiez des questions précises (ex. : « Quel processus spécifique a causé le problème ? À quel moment précisément ? »).
La culpabilisation : l’analyse réflexive doit être constructive. Ce n’est pas une technique pour pointer du doigt une personne ou une pratique. On est là pour apprendre et progresser.
L’absence de suivi : sans plan d’action, l’analyse et la réflexion qui en découle restent théoriques.