De trop nombreux formateurs et auteurs francophones nomment « mémoriser » le premier niveau de la taxonomie de Bloom révisée.
C’est une erreur. Et l’illustration d’une incompréhension de ce qu’est vraiment la taxonomie de Bloom révisée.
Les 6 niveaux de la taxonomie révisée sont le reflet des processus cognitifs qui sont visés.
Ils sont nommés par des verbes d’action : « remember, understand, apply, analyse, evaluate, create », en anglais.
L’idée de Lorin Anderson et de David Krathwohl est de rendre visible le comportement attendu au moment de l’évaluation.
Le terme « Mémoriser » est insuffisant car il nous renvoie à l’encodage et au stockage de l’information devenue connaissance. Ce qui est insuffisant.
Ce que l’on vise comme objectif, c’est le rappel (la récupération) de l’information stockée. On ne va pas demander à un apprenant (au moment de l’évaluation) de mémoriser une information…
Exemples d’évaluations :
- Nomme au moins 3 rois capétiens.
- Identifie (dans la liste fournie) les verbes qui se référent à l’empathie.
Le terme le plus adéquat pour nommer cette opération de récupération en mémoire est donc « se rappeler ».
L’université de Laval (Québec) utilise de son côté le terme « connaître » dans la taxonomie révisée qu’elle met à disposition en ligne. C’est un verbe possible mais je le trouve un peu trop binaire (oui, non) et passif. On reste encore un peu dans la taxonomie de 1956. Avec la taxonomie de Bloom révisée, l’évaluation est dynamique. On évalue le processus cognitif autant (si ce n’est plus) que la réponse.
Un compromis acceptable pour ceux qui s’accrochent à la nécessaire mémorisation :
se rappeler (mémoriser / retrouver en mémoire).
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le livre sur la taxonomie de Bloom révisée
