Cet article fait suite à celui qui présente la taxonomie de Bloom révisée à travers une tornade cognitive (plutôt qu’à travers un iceberg ou une pyramide).
Ces itérations (allers-retours verticaux) sont aussi des rotations dans le vortex de la tornade. Il y a une « progression spiralaire verticale ». On rejoint ici la logique spiralaire (le curriculum en spirale) développée par Jerome Bruner dans les années 60.
Concrètement et en regard avec la taxonomie de Bloom révisée : en apprenant, la personne monte (à chaque rotation-itération) vers des niveaux cognitifs de plus en plus élevés et abstraits, puis elle redescend pour ancrer, vérifier et réajuster dans le concret.
L’image est celle d’une tornade cognitive qui ne fait pas que « tourner et monter », mais « redescend » aussi et revient sur terre avec un gain de sens et d’efficacité.
Chaque itération bas-haut-bas peut être vue comme un cycle en 4 temps :
1. Ancrage dans le réel : on part d’une situation concrète, d’une tâche, d’une erreur ou d’un problème.
2. Montée cognitive : on passe de « se rappeler » à comprendre, puis appliquer, analyser, évaluer et éventuellement « créer ».
3. Retombée réflexive : l’idée est ici de redescendre pour confronter les concepts (les idées travaillées) à la pratique, aux contraintes, aux données et/ou aux résultats d’un essai.
4. Réajustement et ancrage : il s’agit de corriger, de simplifier, de complexifier ou de transférer vers une autre situation.
Exemple : en apprentissage d’un outil numérique, l’apprenant suit un tutoriel, applique une procédure, schématise, conceptualise, compare deux méthodes, puis reconfigure son usage selon un besoin réel. Le retour au terrain permet de passer de la maîtrise technique (la capacité technique) à la compétence fonctionnelle (le transfert, l’usage).
Voici 3 intérêts pédagogiques forts à favoriser les itérations (à les proposer, à les scénariser, à les animer) :
- une meilleure mémorisation, parce que la reprise régulière (chaque itération réalisée) consolide les acquis.
- un meilleur transfert, parce que l’apprenant utilise et réutilise ses savoirs dans des situations variées.
- une meilleure métacognition, parce qu’il apprend à repérer ce qu’il sait, ce qu’il croit savoir, et ce qu’il doit encore ajuster.

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