Quid de l’engagement cognitif des apprenants, quand il y a usage de l’IA par ceux-ci ?
L’engagement cognitif des apprenants se polarise depuis l’émergence de l’IA :
- il a tendance à baisser quand l’outil remplace l’effort mental,
- mais il peut aussi augmenter quand il sert de soutien structuré à l’autonomie (étayage, auto-apprentissage) et au raisonnement (feed-back).
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Des travaux récents du MIT (référence à la fin de l’article) pointent moins une baisse uniforme qu’un effet localisé.
Une baisse : quand les apprenants délèguent trop tôt la recherche, la rédaction ou la résolution de problèmes à l’IA, il y a généralement une baisse de l’engagement cognitif, avec moins d’activité liée à l’attention, à la mémoire de travail et au traitement profond.
Une étude du MIT très relayée (référence à la fin de l’article) a ainsi trouvé, chez des étudiants écrivant avec ChatGPT, une activité cérébrale plus faible que dans les conditions sans outil ou avec moteur de recherche, ainsi qu’un plus faible sentiment d’appropriation de leur production.
La dépendance à l’outil, au détriment des ressources propres de l’apprenant, créé alors une « dette cognitive ».
Une hausse : à l’inverse, l’IA peut renforcer l’engagement cognitif lorsqu’elle sert de tuteur, de feedback immédiat ou d’échafaudage (principe de l’étayage, cf. la zone proximale de développement), surtout si elle pousse l’apprenant à expliquer, comparer, justifier et corriger.
L’UNESCO insiste par exemple sur une intégration de l’IA qui préserve la réflexion, l’esprit critique et la créativité (toute la partie haute de la taxonomie de Bloom révisée), plutôt que sur une substitution de la pensée par l’outil.
Dans ce cas, l’IA peut effectivement libérer de la charge sur certaines tâches mécaniques et permettre de consacrer plus d’énergie à la compréhension profonde, à l’analyse, à l’évaluation et à la métacognition.
Quid pour un usage en formation ?
Pour la formation et les formateurs, cela signifie qu’il faut concevoir des activités pédagogiques où l’IA « oblige à penser » au lieu de penser à la place de l’élève : justification, comparaison de réponses, vérification des sources, auto-explication, réécriture argumentée.
Source MIT : ChatGPT’s Impact On Our Brains According to an MIT Study https://time.com/7295195/ai-chatgpt-google-learning-school/
Source UNESCO : AI and Future Education
https://www.unesco.org/en/articles/ai-and-future-education-disruptions-dilemmas-and-directions
