La taxonomie de Guilford, également connue sous le nom de « modèle de la structure de l’intellect », est une approche systématique et multidimensionnelle pour comprendre les processus cognitifs.
Elle se distingue d’autres taxonomies par la combinaison de trois dimensions : les opérations cognitives, les contenus et les produits.
Opérations Cognitives
Guilford identifie 5 opérations cognitives de base :
- Cognition : processus de compréhension et de prise de conscience.
- Mémoire : capacité de stockage et de rappel d’informations.
- Évaluation : jugement de la pertinence ou de la valeur de l’information.
- Production convergente : génération de solutions correctes à des problèmes bien définis.
- Production divergente : génération d’idées créatives et multiples solutions possibles.
Contenus
Les informations traitées peuvent être de 4 types :
- Figuratif : représentations visuelles ou perceptuelles.
- Symbolique : utilisation de symboles ou de signes.
- Sémantique : traitement du sens et de la signification.
- Comportemental : actions et comportements observables.
Produits
Les résultats des opérations cognitives peuvent être classés en 6 catégories :
- Unités : éléments distincts d’information.
- Classes : regroupements d’éléments similaires.
- Relations : connexions entre éléments.
- Systèmes : ensembles organisés d’éléments.
- Transformations : changements d’état ou de forme.
- Implications : conclusions ou inférences tirées.
En combinant ces dimensions, Guilford définit donc 120 (5 x 4 x 6) types d’activités cognitives, offrant une vue détaillée et complète des processus intellectuels.
La taxonomie de Guilford présente plusieurs avantages (et inconvénients) par rapport à celle de Bloom.
Une approche multidimensionnelle
Contrairement à la taxonomie de Bloom, qui est linéaire et hiérarchique, la taxonomie de Guilford est systématique et repose sur une approche tridimensionnelle. Elle permet de couvrir un spectre plus large de processus cognitifs.
Richesse et Détails
Les 120 types d’activités cognitives, offrent ainsi une granularité et une richesse de détails que la taxonomie de Bloom ne propose pas. Cela permet une analyse plus fine et détaillée des compétences cognitives.
Flexibilité
La structure non hiérarchique de Guilford permet une plus grande flexibilité dans l’application pédagogique, car elle ne contraint pas les formateurs à suivre une progression linéaire stricte, contrairement à la taxonomie de Bloom qui est souvent critiquée pour sa rigidité.
Ces caractéristiques font de la taxonomie de Guilford un outil potentiellement plus adapté pour des contextes nécessitant une analyse détaillée et flexible des processus cognitifs.
Inconvénients : elle est tellement riche qu’elle pose problème (en temps et en énergie) au moment de sa mise en œuvre.
Les formateurs n’ont généralement pas besoin d’un tel niveau de précision. Ils lui préfèrent la taxonomie de Bloom révisée.
Celle-ci reste simple d’usage tout en étant moins rigide que la taxonomie de Bloom originelle.
Elle est aussi plus complète (que la taxonomie d’origine) dès lors que le formateur utilise bien les 4 niveaux de connaissance qu’il a à disposition.
