La taxonomie de Bloom révisée, proposée par Anderson et Krathwohl en 2001, modifie la version originale de Benjamin Bloom et des scientifiques qui l’ont épaulé. À noter que cette révision modifie aussi la compréhension et l’utilisation pédagogique que nous faisons de la taxonomie.
Si le sujet vous intéresse, je vous recommande le livre que j’ai publié sur la taxonomie de Bloom révisée.
La taxonomie révisée utilise des verbes (une nouveauté) pour nommer les 6 niveaux et elle réorganise les 2 derniers niveaux de la taxonomie originale en les inversant.
L’usage de verbes pour désigner chaque niveau n’est pas une modification « cosmétique ». C’est la volonté des auteurs de montrer que la taxonomie révisée s’intéresse aux processus mentaux mis en œuvre (qui sont dynamiques par essence) plutôt qu’à l’atteinte (statique cette fois) d’un niveau cognitif.
Illustration : la « compréhension » est statique alors que « comprendre » est dynamique et peut s’évaluer de multiples façons.
Autre innovation majeure : l’utilisation de 4 catégories de connaissances (factuelles, conceptuelles, procédurales et metacognitives).
Ces nouveautés permettent à la taxonomie de s’éloigner de ses racines béhavioristes (une critique récurrente) pour se rapprocher d’une logique plus constructiviste (avec le regard sur son propre apprentissage, notamment).
La taxonomie révisée comprend six niveaux qui se nomment :
- Se rappeler = rappel de faits, de concepts ou de processus.
- Comprendre = expliquer des idées, des concepts ou des processus
- Appliquer = utiliser des connaissances dans différentes situations et éventuellement dans des contextes nouveaux.
- Analyser = examiner et décomposer l’information proposée.
- Évaluer = juger et critiquer des informations ou des idées.
- Créer = combiner des éléments pour former un ensemble nouveau.
Il est bon de noter que la taxonomie révisée n’est pas une trame susceptible d’expliquer les processus cognitifs chez l’apprenant. Plusieurs articles (analyse de critiques) l’expliquent parfaitement bien.
